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La caserne Besançon Canot n’est plus…

Le 18/03/2013

Avant d’être implantée entre les rues Oudet et Antide janvier (ou plutôt Avenue des abattoirs pour les plus anciens), après guerre, la caserne des sapeurs-pompiers de Besançon se trouvait temporairement Avenue Gaulard dans les locaux de la caserne militaire « Ségur ». Ces locaux n’étant pas adaptés, le conseil municipal examina le 29 octobre 1956 le projet de construction d’une caserne de sapeurs-pompiers sur le terrain communal du « Marché aux veaux », en face des abattoirs. Ce projet de l’architecte Barres à 39 000 000 de francs ne verra pas le jour…
 

1ère tranche de la caserne des abattoirs : les garages et les logements

En 1959, 30 logements sont tout de même construits, pour la somme de 712 000 francs sur ce même terrain et l’on en partage l’emprise avec … une société de ramassage des ordures ménagères.
La cohabitation est complexe. Le 2 mars 1960 une réunion de la commission de secours et de lutte contre l’incendie de la ville de Besançon souligne que : « le casernement actuel ne répond pas aux besoins d’une ville en pleine extension et comprenant actuellement 90000 habitants. La dispersion des moyens (matériel entreposé dans le hangar du génie – avenue de la gare d’eau, tour de séchage à la gare d’eau également) (…) à la cohabitation avec les services des SOVEL (nettoiement de la ville) est extrêmement désagréable »

En 1963, la SOVEL déménage et le conseil municipal valide la construction des garages pour la somme de 278 232 francs. Le 17 avril 1964, les travaux sont réceptionnés.
 

2ème tranche de la caserne des abattoirs : le bâtiment administratif, le gymnase et la tour.

Les travaux de la seconde tranche sont envisagés dès 1964. Leur réalisation nécessite de détruire le café-restaurant des abattoirs et le pavillon situé plus haut sur la rue servant de « corps de garde » aux sapeurs pompiers. Pour le café des abattoirs, c’est chose faite en septembre 1965, mais pour autant les travaux ne démarrent pas dans la foulée…

Il faudra attendre quelques problèmes tels que l’indisponibilité d’engins de secours pour justifier d’accélérer cette seconde tranche, Ainsi, le 13 janvier 1966, le chef de bataillon Bourquin écrit au maire pour lui signaler que : « l’EPA est indisponible, elle a gelé, étant garé sous l’ancien marché aux veaux. »

Dimanche 25 octobre 1970 les nouveaux locaux techniques et administratif ainsi que le central téléphonique sont inaugurés par le commandant Bourquin et Jean Minjoz, maire de la ville. Le montant des travaux de cette seconde tranche s’élèvent à 1 125 000 francs.

Mais déjà, dans son allocution le maire précise que : « le développement continu de la ville oblige l’administration à prévoir, à plus ou moins brève échéance, de nouveaux travaux, et notamment une caserne centrale à Planoise et un poste à Palente»

En parallèle, 6 bis rue de Dole, le « foyer du soldat » est détruit pour laisser place à un bâtiment d’habitation avec des logements pour les pompiers. Ces locaux étaient occupés depuis 1969.
 

Les projets s’enchaînent

La deuxième tranche n’est pas terminée, et déjà l’inspecteur départemental écrivait au préfet en 1966 « la réalisation d’une véritable caserne s’impose d’une façon incontestable et elle ne doit souffrir d’aucun retard (…) caserne centrale dont l’édification est envisagée en banlieue Ouest de la ville, dans la citée de Planoise ».

Puis la construction d’une caserne est envisagée au Polygone, à Trépillot, à Planoise en face de la Malcombe, ou encore à Saint Ferjeux vers la cité de l’Amitié, à Chateaufarine, près du CHU, avenue Clémenceau à proximité des ateliers municipaux ou simplement en face de la caserne Canot sur l’emplacement actuel de la City…

En 1982 l’inspection de la Direction de la sécurité civile (DSC) précisait : « le casernement est assurément un point faible. Construit en 1959 il est devenu insuffisant car il n’a pu suivre l’important développement du corps. La municipalité a tenté de parer au plus pressé en attribuant, au coup par coup des locaux supplémentaires. Mais je dois dire que s’il en a été tiré le meilleur parti l’ensemble est devenu aussi peu fonctionnel que possible et, en tout cas tout à fait inadapté aux besoins d’un grand corps de cette importance (…) il existe un projet de construction de casernement neuf à la périphérie de la ville, dans un quartier récemment urbanisé. Il conviendrait que sa réalisation ne tarde plus trop. En tout état de cause il conviendra de maintenir un centre d’intervention à l’emplacement actuel, pour une desserte rapide du centre de l’agglomération. »

En 1982 un projet ambitieux à 94 500 000 francs est envisagé à Planoise, plusieurs cahiers des charges sont réalisés. Il ne verra pas le jour. Pas plus que celui des Montboucons, malgré un terrain réservé et l’adoption d’un programme en 1990.

Trois hangars métalliques et un réfectoire seront construits dans ces mêmes années, une façon de pousser les murs et calmer l’impatience grandissante des sapeurs-pompiers bisontins.
 

Le rêve devient réalité

En 2006, un audit, à la demande du conseil d’administration du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) préconisait pour l’agglomération de Besançon une couverture bipolaire avec ouverture simultanée de deux nouveaux centres de secours, sur deux nouveaux sites. Le diagnostic établi par la mission de consultance mettait clairement en évidence une couverture inadaptée au contexte et aux enjeux actuels.

L’implantation du CSP de Besançon ne permettait plus de répondre aux objectifs attendus en matière de délais de couverture des risques, compte tenu notamment de l’évolution du tissu urbain de l’agglomération bisontine.

Le 30 juin 2006, le conseil d’administration adoptait, à l’unanimité, les préconisations de cet audit mettant un terme à 40 ans de réflexions, projets, annonces de la construction programmée d’une nouvelle caserne.

Le principe d’une couverture bipolaire et l’implantation des deux nouveaux centres est retenu, l’un au nord-est de la ville avec un regroupement des centres de première intervention du secteur (Thise, Roche-lez-beaupré et Chalezeule), appelé Besançon Est, l’autre au sud ouest entre la boucle et le quartier de Planoise, Besançon Centre.

Les Déménagement vers ces nouvelles structures auront lieu respectivement les 4 avril et 12 septembre 2012.

Deux casernes flambant neuves, fonctionnelles et adaptées ont ouvert leurs portes. Elles permettent de faire face aux enjeux actuels mais aussi aux évolutions à venir. La couverture opérationnelle est modernisée et optimisée.
 

La fin d’une époque

Le 12 septembre 2012, les sapeurs-pompiers bisontins quittaient définitivement leur vieille caserne mise en service en juillet 1959. Une page historique a été tournée. Les plus anciens ont dit adieu à la « caserne des abattoirs », à la « maison Belot », à la « murette » ou encore au « bar coco ». Ces termes appartiennent désormais au passé.

Ce dossier évoqué à maintes reprises était l’Arlésienne des sapeurs-pompiers de Besançon. En 46 ans, 8 chefs se sont succédé à la tête du CSP et plus de 850 sapeurs-pompiers y ont usé leurs bottes.

340 000 interventions, des milliers de petites lances et des centaines de sauvetages effectués par cette ancienne caserne sont désormais relayés au rang des souvenirs.

Il n’aura fallu que quelques semaines à la société PBTP pour la déconstruire. Vendredi 8 mars 2013, une place nette était rendue à la ville de Besançon. Seuls les deux hangars métalliques, rue Oudet, subsistent encore. La vieille caserne devrait laisser place à des surfaces de commerce, de tertiaire et d’habitat.
 

Commandant S. FREIDIG

Retrouvez toutes les photos de la destruction du CSP Canot dans la galerie.



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